Qu'est ce qui m'oblige chaque jour qui passe à pousser la porte de mon atelier, à franchir la marge de notre existence, d'aller à la rencontre des ombres et de l'harmonie face à ma toile blanche, cet éternel recommencement de la peinture dans cette certitude d'un réel d’absolu ?
Se pencher sur sa vie, sur sa création, n'a pas pour but de s'admirer et de se complaire dans les cinquante ans d'un passé qui n'est plus, mais, au contraire, marquer ce temps afin de continuer le chemin de la peinture en sachant de toute éternité que je ne suis là que pour la servir. J'étais et je suis à son écoute, à sa demande, à ses questions, et, si elle devait délivrer un message, il serais sûrement caché dans la respiration d'une touche de couleur, dans la matière, le mélange du doute et de la réconciliation de l'huile et du vernis , dans le parfum d'outre-monde des âmes qui se souviennent …
La rétrospective de mes œuvres depuis les balbutiements des années 70 à l'année 2025 s'inscrit donc dans un regard, le mien, pour un nouveau départ, le vôtre peut-être car rien ne m'appartient dans ce passage, ce point d'interrogation, cette illusion  aussi, cette rage à tâtons, ce pinceau de pèlerin, cette quête éperdue, ce chevalet posé, cette palette ailée et cette solitude…
La solitude, sœur de la création et de la multitude, des moments parsemés au « Jardin des délices », non pas dans l'univers du rêve ou d'un bancal inconscient mais bien là, ancré dans l’attente et l'oubli de soi dans le don et l'abandon.
Une peinture n'est rien d'autre qu'un bout de toile montée sur un châssis ou un carré de bois, un objet donc, une porte à pousser, peut être comme l'écrivait Vasari à propos de Léonard: « La pittura e causa mentale », elle n'est pas image, décoration ni même une représentation.
Quel intérêt d'ailleurs à accorder un quelconque prix à l'image dont le monde en est submergé avec des couleurs tronquées et tapageuses, quel intérêt d'attacher un crédit à l’intéressant et même à la nouveauté si compter qu'elle existe.
« L'homme qui marche » de Giacometti erre hagard, il continue la route.
Ma peinture s'inscrit dans une continuité, il ne s'agit pas de fabriquer du nouveau à tout mieux mieux mais de parler vrai dans un partage déraisonnable et inventé…
Cette solitude habitée avec tous mes grands frères de l'art à qui je dois tout, qui m'ont tout donné, et ma peinture à moi qui m’a donné l'envie de vivre, loin de tout, loin de vous, loin de moi, pour aborder sans orgueil ni complaisance mes esquisses défuntes.
Et  cette « Ronde de nuit » commandée à Rembrandt par les arquebusiers, et Saskia comme une petite fille, cette « fiancée juive » qui défie alors la mort dans l'ombre, le clair obscur, la grâce et puis l'effroi.
Que vient t-elle faire ici troubler l'ordre et la bourgeoisie hollandaise ?
Et cette « Conspiration de Claudius Civilis » rendue sans être payée au maitre d'Amsterdam !
Rembrandt Van Rijn mourut dans la misère !
Maudit soit-il !
On entre en peinture comme on entre au couvent, non pas que ce qui m'entoure me désintéresse mais cette solitude, cette infraction aux modes, ce manque de reconnaissance, cet anonymat presque, n'entrave en rien le geste de ma main et de mon âme.
Je ne suis que l'exécutant d'une force qui me dépasse, celle qui unirait l'éternel à l'éphémère dans l’aplat et la touche réunis, le spontané de la gouache et la lumière épaisse de ma peinture à l'huile, la couleur et la nuance n'en déplaise à Verlaine, la rigueur et l'évasion, « la mer allée avec le soleil » …
De l'épaisseur à la grâce, de la transparence aux cendres, le retable d'une vie qui aboie…
Dans la profondeur de la mine de Cuesme devait déjà s’entrebâiller les tournoiements des soleils de Saint-Rémy, l'absinthe d’Arles qui n'entend plus Gauguin et le génie de Vincent.
Maudit soit-il encore et toujours lorsqu'on se trompe…
Et quelle horreur ce marché de l'art et le dictat quotidien des bien-pensants de la culture et de la censure…
Amedeo dans les bras de Jeanne et sa dernière bouteille rue de la Grande Chaumière, Soutine et la misère, le sang et la rage de sa dernière toile, paysage, carcasse, bidoche méditante, nature morte au pinard et des enfants qui marchent, et, comme un christ du Caravage, une dernière déposition sur une plage de Sicile…
En 1990, j'écrivais ce texte: « il y a sûrement enfoui dans ma mémoire et dans mon cœur , un parfum de térébenthine et d'huile de lin qui m'attirait irrésistiblement vers un autre monde grand et sublime, moi l'enfant émerveillé qui savait déjà que son unique chemin et sa seule vérité devait être dans ces essences et ces vernis qui servent à mélanger les couleurs ».
Plus fort que la nature, bien plus passionnant que ces promenades « du dimanche », les peintres de ce jour m'intriguaient et me faisaient penser alors que plus tard je parviendrais à harmoniser ma vision sur ma toile. Il y avait dans les gouaches de l'école ou les essais peints à la maison quelque chose qui me distinguait des autres enfants, peut-être était-ce ce soucis de l'inachevé, cette incertitude qui marquait la fin de ma gouache comme une sorte d'échec, échec qui était cependant remis en jeu à chaque fois, et projeté vers l'avenir, vers un futur de la « désirance » ² qui prenait forme dans l'envie de faire et de travailler. La différence était là, ancrée dans ce qu'on appelle le tourment…
Puis, ce fut la découverte de la peinture, l’éblouissement, avec les primitifs italiens en premier, Piero della Francesca, Angelico, Giotto, Cimabue, Duccio; la peinture moderne avec Van Gogh d'abord et puis Cézanne qui me donnait envie de peindre une pomme ou une bouteille, le choc Marc Chagall au grand palais, le trait et la joie de Matisse, Modigliani, Chaïm Soutine que mes yeux d'enfant ne comprenaient pas totalement mais qui ont su depuis en voir le génie. Plus tard je découvre la peinture espagnole et surtout Francisco Goya et, à l'adolescence, la peinture hollandaise et flamande avec Vermeer, Rembrandt, Gérard David. D'autres aussi, Claude Monet, Zoran Music et ce choc Grünewald et son retable d'Issenheim…
Et si la mort faisait office de porte-parole ou de postier, je lui demanderais de leur dire que je leur dois, à tous ces artistes, la vie. Puis, la culture s'en mêle, et l'on apprend l'histoire de l'art et ses courants, ses écoles et les gens s'en mêlent aussi et cherchent à classifier, à ranger, à réduire la peinture à une littérature d'explication qui contentera l'amateur savant…
Et nous, compagnons de la route, combien de temps avons-nous palabré sur le sens plastique, le mystère de la matière, l’intérêt de la figuration ou la nécessité de l'abstraction, de la peinture philosophique ou poétique à la peinture musicale, de la différence essentielle du don de soi dans les triptyques du XVème siècle jusqu'aux sortilèges et au regard sur soi dès l'apparition de la peinture à l'huile ?
Du gigantisme à l'intimisme, de l'impression fugitive au message intemporel, de la modestie à l'universalité !  Bien entendu, chaque fois tout est remis en cause et même s'il n'aboutit jamais, et qui au lieu de clarifier nos idées les déforme, qui, même s'il est à l'opposé du souffle que l'on peut ressentir face à une œuvre d'art a au moins le mérite de renforcer la volonté de se retrouver seul le lendemain matin devant sa toile blanche pour parler vrai avec les couleurs, car la peinture est un langage et elle doit rester silencieuse, vivante et mystérieuse.
Donc pour moi, la route était tracée, je voulais faire de la peinture et l'aventure commence vraiment en 1979 lorsque j'interromps mes études secondaires qui m'ennuyaient pour me consacrer uniquement à l'art et bientôt à mon art car dès cette époque je marquais mes gouaches et mes pastels d'une empreinte toute personnelle dans la pâte et les envolées picturales. Certes, mes tableaux d'alors étaient inspirés de Chagall, parfois de Jérôme Bosch, mais avec le temps et le recul je m’aperçois qu'il y avait dans mes élans lyriques et spirituels, une amorce à mon travail d’aujourd’hui, même si dans le fond le monde que je célébrais diffère de mes tracas d'aujourd'hui.
L'important est dans la continuité, une continuité qui n'est pas recherchée mais qui va de soi, c'est ce qu'on doit appeler le style. Alors quand on a du style, on peut tout entreprendre, seul son monde intérieur, son univers intime peut varier au gré de la vie et du temps, mais la peinture est là, et au gré de la vie, ces passages, ces errances, ce vagabondage de l'âme, inventent des formes à l’œuvre comme l'adjectif embellit le mot. Vouloir fournir des explications à ma peinture serait donc chose vaine, la rencontre avec le public se fait ou ne se fait pas car il y a dans cet art une grande pudeur, un respect du silence de l'objet peint.
Et même si je suis un peintre figuratif, même si mes femmes vaporeuses, mes personnages errants et funambules, mes banlieues tristes, les mouvances de mes rues, les rimes égrenées de mes gamins au « paletot idéal »¹, mes réverbères qui songent aux baisers des deux amants qui s'abritent de leur lumière, mes bateaux qui crient l'adieu à la terre pour retrouver le large, mes filles aux illusions perdues, mes hommes au verre plein, mes murs graffitées par le sang de notre quotidien, mes anges inventés par le déraisonnable, mes usines qui teintent le ciel de leur fumée comme le camaïeu de mes sombres transpa-rences, mes soleils écartelés, et tous mes espaces de formes et de couleurs, témoignent de ma vie et de mon intérieur, la rencontre avec le public se fait en vous, et moi, je m'efface pour penser à ce que je vais peindre demain matin…
Tendre à réunir dans une seule œuvre la sobriété et l'harmonie de l'objet en y mêlant le tournoiement  de la vie, unir les âmes malades dans la matière transfigurée, saisir l'instant et peindre l'éphémère pour qu'il ait le goût de l'éternel dans l'espace mourant des années qui s'effilent, peindre, peindre, voilà l'objet !
Et bien souvent je suis loin, loin de cette contemporanéité de « l'art » qui n'a de l'art que le concept et le bavardage, car peindre c'est vraiment donner de l'amour, beaucoup d'amour, c'est vraiment l'espoir et l'éternel recommencement.
Mes pensées n'ont guère changées depuis ce long texte et qui servit de préambule à mon premier catalogue préfacé par Léo Ferré…
Le sujet n'est qu'un prétexte, il a bien fallu que je l'ai quitte mes maîtres d'autrefois sans jamais ne les oublier car la peinture est chronophage et que la contemplation exige aussi un abandon total.
Écouter, regarder, il faut s'y consacrer entièrement…
Je peins loin des musées, loin des grandes expositions, mais, l'esprit libre lorsque je suis en vacance, j'aime retrouver mes frères de l'art, les derniers murmures violents Du Titien dans son christ présenté au musée de l'académie de Venise et qui annonce tout, l'enterrement du conte d'Orgaz du Gréco, les horreurs transfigurées de Goya, prophète des années passées, des années à venir dans la révolution et le langage des choses muettes de sa palette, et pour laver mon âme: Simone Martini ...
La musique, la musique…
Requiem de Mozart, chef d’œuvre parmi les œuvres… Je ferme les volets, je ferme les yeux, j'écoute… Je ne peins jamais lorsque j'écoute de la musique. En bruit de fond ! Je vous laisse deviner mon opinion…
Lorsque je suis dans la nature pour peindre, c'est pareil, elle est prétexte la nature, un support à ma vibration intérieure, je ne suis pas impressionniste, je ne suis pas expressionniste même si ces deux mouvements ont contribué  à façonner mon art.
Le mouvement et la lumière assistent mes prières abstraites dans une certaine turbulence de l’immersion de la matière, de la couleur et de la forme.
J'ai peint des visages et des regards, j'ai peint des fleurs, des paysages, des hommes qui errent aux zones portuaires, des femmes écartées, leur sexe comme la mer, des plages infinies et des hautes marées, des banlieues anonymes, des christs pour louer la passion et puis communier avec Cimabue, Vélasquez, Grünewald, Ludivico Bréa et cette passion de Bellini, d'Antonello da Messina…
J'ai peint des ports avec ses dockers, ceux qui restent à terre avec les containers et puis de grands navires qui partent sur les mers. J'ai peint avec cette obsession qui ne me lâche pas de pouvoir marier le noir à la couleur, le mouvement au mur, le sentiment à la prière …
Chardin disait: « je ne peins pas avec des couleurs, je peins avec des sentiments ». Cette formule alléchante m'est cependant étrangère et s'il m'arrivait un jour d'en douter, j'irai revoir Van Gogh…
Le grand poète Léo Ferré que j'ai eu l'immense chance de connaître confiait à son public (je cite de tête): « Avant, je n'étais pas sensible à la peinture, j'étais con, puis, j'ai vu Van Gogh en 1948 à l’Orangerie des Tuileries à Paris, alors, j'ai pleuré », il écrira la « Folie » qu'il chanta au piano pour moi à l'espace Balard à Paris, alors j'ai pleuré, avec Vincent, avec Léo, avec moi …
Léo Ferré a réussi avec ses mots et sa musique d'inventer la peinture, celle qui reste à faire.
Je n'ai jamais eu de maîtres, seulement des professeurs qui m'ont enseigné les techniques, Léo a inspiré mon œuvre, ma vie d'artiste et ma vie tout court.
Peindre c'est être debout, toujours debout ou bien prosterné, à genoux sur son dallage ou le cul dans les contrées des autres horizons.
J'ai peint l'éphémère dans la lourdeur de ma pâte, j'allais dire de ma patte à la recherche du temps, j'ai peint l'amour et la mort dans une conjugaison et un rêve de pierre : « Je suis belle, ô mortels comme un rêve de pierre ». La peinture ne dit rien, elle se tait la peinture, et combien il est difficile pour moi de mettre des mots sur un demi-siècle de ma vie ! La poésie, seule peut être tente par la métaphore d'approcher la vérité, la peinture, elle, est seule, dans son silence, elle te regarde.
Le photographe qui fixe les peines et les joies dans l'instantané de son art grave vraiment la mort, tous pourris, tous ces hommes, ces amoureux et ces gamins de Doisneau…
L'instant est emprisonné dans la boite des existences, elle me fait peur, souvent, la photographie !
La peinture est tout autre, elle ne dit rien, un bout de toile disais-je, un bout de bois, une pomme, un visage, un paysage, un vieux bateau, un champ de blé… En cela, la peinture, cette glace sans tain reste l'art le plus inaccessible, elle ressemble au mystère de la foi, et la couleur, même la plus vive est secrète, toujours neuve cependant.
Je l'ai dit et je le redis, le sujet ne m'importe peu et j’essaie tant bien que mal de fuir l’anecdote, peu importe aussi ce que j'ai déjà fait et cette rétrospective n'est là que pour faire le point du tout à réinventer, de cette absurdité de la création, loin des plaisirs et de la vie « normale ». La peinture engendre un sacrifice pour une résurrection permanente. 
Je ne suis qu'un vagabond de l'harmonie et quémande l'azur dans le jaune et le noir, le rouge du désir, du sang et de la passion, le bleu de la mémoire et le vert incompris, le linceul du blanc, la terre brûlée des bruns, le violet voyageur qui s'invite parfois, le rose de la jeunesse et puis ma signature pour clôturer tout ça…
La certitude est toute peuplée de doutes, d'erreur et surtout d'insatisfaction, c'est cela être vivant, vivre pour la peinture, recommencer, recommencer encore…
Quelle utilité à tout cela?  Aucune, vraisemblablement !
Je m'accroche à la transhumance de mes songes et de mes tourments à travers le mystère de la vie et de la mort, de la fuite du temps, des sourires croisés, de l'espoir sans limite au bout de mon pinceau et de mon couteau à peindre. Peinture, je m'abandonne en toi…
Marc Hérissé, journaliste à la Gazette de l’hôtel Drouot écrivait : « Laurent Zunino nous propose un univers ambigu et rêveur, cette ambiguïté chez lui n'a rien de morbide. Elle réside dans un divorce entre une abstraction dure et une figuration tendre. Cet artiste possède un don rare : la grâce, elle pose son empreinte sur ses tableaux les plus mélancoliques comme sur les plus désespérés. Son monde nocturne et lunaire, dans lequel transparaît des visages délicats aux traits enfantins ou des corps de femmes aux lignes sensuelles, est toujours extrêmement poétique. Le peintre laisse apparaître, avec un grand bonheur, son dualisme profond; entre abstrait et figuré, jour et nuit, lumière et ténèbres » (extraits).
L'outrance donc n'a pas sa place dans mon œuvre, la peinture dicte mes prières et commande la rigueur, la maîtrise et le secret, elle crie comme elle murmure au plus profond de la mémoire, la mémoire infinie, un regard posé comme un défi au temps qui passe, elle appelle des lendemains meilleurs, soleils noirs de mes jours, des brèves évasions, mon cœur ouvert où coule le sang des pensées qui se meurent, mes yeux, ma main, pour une autre naissance…
Je vais me taire maintenant pour laisser place à la sélection de mes œuvres que j'ai décidé de reproduire. J'ai voulu ce livre comme un marque de vie, un marque page, une parenthèse de 50 ans de la vie d'un mec qui doit tout à la peinture. Il me reste tant de choses à exprimer !
Le livre est un bien bel objet lui aussi et il permet dans ce monde scintillant et vulgaire, de feuilleter et de partager l'univers d'un artiste à travers sa rétrospective. Certes, se ne sont que des reproductions mais j'espère bientôt avoir le bonheur de vous présenter mes peintures ici ou bien ailleurs. Que dira le temps à l'heure des installations, des ordinateurs, des concepts, de l'intelligence artificielle ? Je n’en sais rien et je m'en fous, car j'irai demain pousser la porte de mon atelier loin de tout, loin de vous, loin de moi…
Je remercie toutes les personnes qui m'ont accompagnés durant toutes ces années, mes parents qui m'ont donné la vie, Valérie qui la partage avec moi depuis 1979, Léo Ferré qui m'a tant apporté, tous mes grands frères de l'art, toutes les personnes que je salue dans mes souvenirs écrits dans: « Lorsque je me souviens…» (2013) et « Lorsque je me souviens 2 » (2024)…
Merci pour votre regard, moi je m'efface pour mieux recommencer le temps qui me reste dans un éternel recommencement de la peinture, de la couleur et de la matière, du mouvement et de la lumière.
 
Laurent Zunino Avril-mai 2025
 

 




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